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RC Lens - AJ Auxerre, le compte rendu

 
RC Lens - AJ Auxerre, le compte rendu

Benichou nous propose son compte rendu du match RC Lens - AJ Auxerre qu'il a vécu depuis les travées de Bollaert.

10 minutes après avoir pris la route pour le Stade Bollaert (ne comptez pas sur moi pour dire Bollaert-Delelis, je déteste qu'on touche au nom d'un stade, tout comme j'appelle, encore aujourd'hui, le stade Chaban Delmas le Parc Lescure), j'arrive sur le parking de Simply. Plein. Ok ! Visiblement, si j'en crois ceux qui s'enfilent des bières quelques rangées plus loin, il n'y a pas que le parking de plein. Pour l'occasion (en vrai pour la seconde fois de la saison), j'ai sorti ma plus belle écharpe du Racing, celle auréolée des douze étoiles de l'Europe et qui respire les plus grandes soirées de Champions League à Bollaert. À Lens, même jusque dans les écharpes, on respecte cette coupe légendaire, et dire que les Lillois osent prétendre que Lens est à 30 kilomètres de l'Europe... 

 

Je marche, je rejoins plus loin quelques acolytes, enfin alcooliques serait sans doute plus juste, on s'installe à L'Espace Bollaert, on croise des kékés à crête Ljubojesque, le gros Lulu, Bucheron 62 et "Ch'Gros Gégé" qui fut de loin mon préféré. On refait le Racing, on expose nos certitudes (difficile d'en avoir après deux journées) et on discute de nos craintes, la peur de prendre un bouillon, mais c'est surtout l'angoisse d'être déçu. Vous le savez, le supporter lensois a tendance à s'enflammer pour un petit pont, donc rapidement. Ces quatre points sur six donnent un réel espoir de sortir de plusieurs années de galère où une misère, sans nom car générale, s'était emparée du Racing Club de Lens à tous les étages, seule la Marek, telle le petit village Gaulois résistant à l'ogre Romain, continuait à combattre la morosité par ses chants et son immortelle activité.

 

Les hommes de Bernard Casoni vivent leur seconde saison dans l'antichambre de la Ligue 1. Forcément, vu le CV d'Auxerre, son passé (pas si lointain) glorieux, son public (nan j'déconne), les médias en font un des favoris pour la montée en fin de saison. On se souvient également que l'année dernière, le Racing s'était imposé 1-0 grâce à Touzghar, et un an plus tard on se demande toujours comment Auxerre n'avait pas réussi à prendre les trois points. Déjà là, un petit ailier avait, à lui seul, donné le tournis à Lens, à Bollaert, mais ce dernier avait surtout renvoyé Yohann Démont devant ses limites, son incapacité à varier son jeu et à faire face à la fougue d'un jeune bourré de talent, mordu de ballon, et désireux de faire de son vis à vis un pantin désarticulé. La plaisanterie avait duré 35 minutes avant que Sikora, notre Légende (voilà ça c'est dit!), décida de le sortir. Dur.

 

C'est sous un beau soleil que ce Lens - Auxerre cuvée 2013-2014 s'annonce. Le onze de départ est sans surprise côté lensois : 
Aréola - Gbamin, Kantari, Yahia, Baal - Lemoigne, Cyprien, N'Diaye - Chavarria, Ljuboja, Touzghar

 

Je ne parle pas de la composition d'Auxerre, on s'en fout en fait.
D'entrée le Racing et l'AJA s'observent. Le milieu de terrain, Jérôme Lemoigne, est le joueur qui touche le plus le ballon mais ne trouve pas les ouvertures vers l'avant. La défense auxerroise est regroupée, mais tente des incursions dans le camp lensois en usant de ballons sur les ailes. A noter la tentative de Gbamin contrée par la défense auxerroise (2ème).

 

C'est très tôt que le festival du jeune homme au prénom à faire presque pâlir une jeune femme sur son palier d'immeuble, Paul Georges Ntep, débuta. Tout d'abord, sur un déboulé sur son côté droit où l'on vit Jean Philippe Gbamin, son défenseur du jour, perdre un rein, et sa frappe frôler les montants d'Aréola (4ème). Quelques minutes plus tard, Ntep, encore lui, effaça Gbamin aux abords de la surface, mais fut stoppé irrégulièrement par le jeune défenseur lensois. Aït Ben Idir, d'un joli enroulé poteau opposé et côté ouvert, bat Aréola, resté immobile devant sa ligne, et plonge Bollaert dans le doute (0-1, 7ème). Je me tourne vers la Marek qui, style de rien, redouble l'intensité de ses chants. La suite, on la connait. Depuis quelques mois, voire années, on assiste à une prise de conscience des lensois, un Racing Club de Lens à réaction qui très rapidement revient dans la partie. En guise d'amuse-gueule, Ljuboja sème la zizanie dans la défense bourguignonne, via cette action on se dit que la sauce ne semble pas prendre chez les auxerrois, celle-ci arrive malgré tout à se dégager en renvoyant le ballon directement sur N'Diaye (si si juré) qui frappe, mais ne cadre pas (pas besoin de jurer ça vous le saviez). L'entrée se situe à l'action suivante, Lens récupère, Cyprien donne in extremis à Touzghar qui s'enfonce dans la défense et trompe Sorin d'une frappe croisée à mi-hauteur, (1-1, 12ème). Juste récompense pour Touzghar qui se démène souvent, et qui là ouvre son compteur but pour cette saison. Auxerre accuse le coup. Clairement les hommes de Casoni semblent être désorientés, décontenancés par le sursaut lensois. Depuis les tribunes, sur l'égalisation, j'avais l'impression que les lensois étaient deux fois plus nombreux que leurs homologues Bourguignons. Ces derniers ressemblaient à des plots, sans vie, ou à ces personnages de Pro Evolution Soccer aux réactions irréelles lorsqu'ils étaient confrontés à la vitesse d'un Roberto Carlos, une bénédiction pour le footix adepte du R1 enfoncé en permanence. 


Côté Delacourt, un seul nom est sur toutes les lèvres, Ntep. Ses déboulés, ses centres, ses feintes sont incalculables, tant l'ailier auxerrois aura survolé les débats. Incontrôlable, il mit à contribution à plusieurs reprises un énorme Aréola, solide sur ses appuis et qui au détriment de Riou, Kasraoui ou pour remonter la vase, Runje, ne se couche pas le premier soir et reste solidement les jambes collées. Il ne faut pas se mentir, si Lens a gagné hier, il le doit aussi à son gardien. 


La suite de la première période montre un Lens criant de réalisme, chose que l'on n'avait pas vu depuis facile deux ans. Lens prend l'avantage à la 19ème, grâce à une combinaison entre Ljuboja, toujours dans les bons coups, et N'Diaye, Chavarria finissant le travail quasi seul au second poteau et de la tête (2-1, 19ème). Les deux cartons jaunes suivirent, montrèrent la frustration des auxerrois face à la rapidité du jeu lensois et au succès de ses combinaisons. Nouveauté, les coups de pied arrêtés, peu en réussite la saison passée, il faut dire que les tireurs, par leur précision, laissaient indifférent un lièvre de 40 kilos dans un couloir de 1m50 de large, c'est sur cet exercice que Lens creuse l'écart en inscrivant un troisième but. Coup franc, tête de Lemoigne repoussée par Sorin mais qui revient, dans un cafouillage, sur Ljuboja qui pousse au fond (3-1, 26ème). Je suis assis, incrédule face à la suprématie lensoise, je ne suis plus habitué à pareille fête, j'ai même du mal à fêter ce but, c'est dire. Ah au fait, avant la mi-temps, Gbamin s'est encore fait éclaté par Ntep sur son côté, Auxerre manque à deux fois de revenir dans la partie. 


Mi-temps 3-1 pour Lens. Dominique Regia Corte revient sur la pelouse, c'est l'heure du "Défi des stages Sang et Or". Logan a battu Gabin ou inversement, je ne sais plus. 

 

Clairement, la seconde période reprend et je me fais chier pendant 10 minutes. Gbamin cède la place de martyr à Cavaré, pour le même topo face à Ntep, Haller reprend au point de penalty, mais Aréola veille au grain (61ème). Si les noms de famille étaient autorisés au scrabble, grâce à Auxerre, en un remplacement vous pourriez remporter la mise (Kitambala pour Sawadogo, avouez ça envoie du lourd!). Lens maitrise son sujet, Kombouaré est toujours aussi actif dans sa zone technique, Cavaré et Chavarria réceptionnent les consignes et les transmettent aux concernés. C'est d'ailleurs suite à un "une deux" entre Cavaré et Chavarria que le premier nommé s'infiltre sur le côté gauche auxerrois, centre en retrait pour Chavarria, EL PASE DE LA MUERTE EL PASE DE LA MUERTE!!!!! frappe de Chavarria, après un petit numéro de dribble dans les 16 mètres, Sorin voit la tentative de l'Argentin, contrée, le lober pour retomber sous la barre transversale (4-1, 73ème). Le succès est total, Lens est inarrêtable, Kombouaré peut faire entrer Coulibaly qui, visiblement, est finalement sorti de sa visite médicale (Private Joke!) à la place de Ljuboja et Edgar Salli, désireux de proposer son jeu basé sur la propreté (vous l'avez?) à la place de Démé "À peu près" N'Diaye. En fin de match, Coulibaly eut même l'opportunité d'ouvrir son compteur butn mais son but fut annulé pour hors-jeu, peu importe Lens écrase Auxerre, Lens s'est fait plaisir, son public également. Pour ma part, j'ai quitté le stade à la 85ème, ulcéré par les propos de deux jeunes connasses qui semblaient avoir un orgasme à chaque ballon touché par un jeune lensois. C'est à ces moments-là qu'on regrette l'extrême rareté de l'envoi en couvent des jeunes filles au cul chaud comme il était d'usage au XVème siècle. Non ma fille tu ne seras pas une catin. 

 

Que retenir de ce match?
Deux choses. Le Racing a une attaque qui sent la poudre et quand son jeu se met en place, Lens est quasiment, j'ai pas peur des mots, inarrêtable. Reste à connaître la durée de vie d'un Ljuboja. Le Serbe est constamment sur la peau de ses coéquipiers quand ces derniers choisissent la mauvaise option, il me fait penser à Runje, autant sa combativité peut galvaniser, autant elle peut devenir lourde avec le temps et créer des tensions. Certains se touchent devant son geste, mais embrasser le blason de son équipe, après trois matches, quand on a connu 10 clubs, me fait plus rire qu'autre chose. En même temps vu la gueule de ses premiers fans lensois, entre alcooliques on se respecte.

Second point, le couloir droit. Offensivement, la relation ARD - MOD est excellente. Chavarria et Gbamin se sont trouvés dans les bons coups comme dans les plus mauvais, et la Marek sait comme ils furent nombreux. L'Argentin est descendu à deux reprises donner un coup de main à son jeune équipier, Gbamin, face au diable de Ntep. Jamais, Jean Philippe a été en mesure de prendre l'ascendant sur l'international espoir, Kombouaré a mis fin à son calvaire à l'heure de jeu et a refilé la patate chaude à Cavaré, lui aussi mis à mal pour son premier face à face. Il est obligatoire de trouver une solution. Depuis trop longtemps, le poste d'arrière latéral (gauche ou droit) demeure un problème sans solution. À faire de l'à-peu-près, on se fait surprendre. Au-delà de ça, un joueur qui prend ce poste, axial à la base, peut se voir pris en grippe par le public alors que ce dernier est juste là pour tenter quelque chose, pour rendre service. J'ai donc hâte de voir comment Kombouaré compte rendre ce côté droit solide. 

 

Je n'ai plus ressenti ce besoin de me rendre au stade pour autre chose que son ambiance. On y a vu du jeu. Tout n'a pas été parfait, mais n'oublions pas de nous satisfaire de ces résultats, car en prenant un peu de recul, on se rend compte que les ténèbres qui étaient notre quotidien ne sont pas encore assez loin.

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