TeamFoot offre une tribune d'expression aux passionnés

Clé de voûte du système tactique

 
Clé de voûte du système tactique

Il en est des spectaculaires, qui font lever les foules sur un contrôle, un dribble et une accélération. Rares et précieux ils sont portés aux nues et adulés. À eux les honneurs et récompenses individuelles.

Il en est des ordinaires qui traversent les années sans vague, sans même que l’on ne les remarque et pourtant ôtez-les et tout s’effondre.

Un seul être vous manque et…

Commençons par une définition, la clé de voute : de manière générale est un élément unique qui permet de maintenir la cohésion des multiples éléments l'entourant, et ce, par sa seule présence, ses seules caractéristiques intrinsèques (Big-up Wikipédia).  Instantanément, le joueur qui me vient à l’esprit, symbolisant cette symbiose et l’unisson d’un collectif, est le grand (par le talent !) Claude Makélélé. À sa période Merengue, il avalait les kilomètres en lieu et place des « Galactiques ». Lui allait au charbon, au turbin pendant que Zidane & Co s’accaparaient les projecteurs.  Besogneux et indispensable de par sa faculté à récupérer des ballons dans l’entrejeu, il ne sera jamais estimé par ses dirigeants et partira sous d’autres cieux plus rémunérateurs, marquant le début du déclin de la maison blanche. Makélélé est typiquement le milieu récupérateur dont avait besoin une équipe pour être équilibré, joueur essuie-glace, ratisseur, mais déprécié du moins pas reconnu à sa juste valeur.

Oui, mais le football a évolué et des joueurs comme Pirlo ont apporté une nouvelle dimension au poste, fini les uniques qualités d’endurance et de combattant, le numéro 6 doit aussi être un maître à jouer. Une sorte de « quater-back » et non plus un « porteur de bidon » pour oser le parallèle avec d’autres sports. Poste ultra exigeant où le joueur doit être un véritable athlète combinant qualité physique et technique léchée. Prêter main-forte à son axe défensif notamment dans le jeu aérien, mais aussi être capable de se projeter vers l’avant pour apporter le surnombre. Tacler, passer, frapper le milieu défensif est l’archétype du joueur moderne sachant tout faire. Busquets, incarnant à mon sens, ce type de cyborg. Et la paire Kovacevic – Hermach à contrario en matérialise les limites. Or pour être une grande équipe, pour atteindre ses objectifs, Lens se doit d’avoir un joueur exemplaire à ce poste déterminant. Pierre angulaire, le numéro 6 lensois est amené à jouer une petite cinquantaine de ballons par match, d’une part dans des zones dangereuses pouvant exposer l’équipe s’il perd le cuir. D’autre part s’il n’utilise pas correctement ses ballons, c’est toute la construction offensive qui se grippe et tourne au ralenti.

 

Tribute to Jérôme

L’efficacité tactique au football se fait uniquement par le biais d’une cohésion collective, chacun devant remplir sa tâche, mais n’hésitant pas à faire l’effort pour son partenaire. Si l’on se fie aux premières échéances, Kombouaré s’oriente vers un système en 4-4-2 avec un seul véritable milieu récupérateur épaulé par un « 8 » autrement dit un milieu relayeur. Capitaine exemplaire depuis son arrivée, le Toulonnais semble être le choix premier (et le seul !?) du coach en tant que sentinelle. Ayant disputé l’intégralité des rencontres depuis le début du championnat, l’ancien Sedanais m’impressionne par sa faculté à toujours jouer simple. Élégant, il est de ces joueurs à avoir la tête levée en permanence pour trouver rapidement un partenaire disponible. Solide dans le jeu aérien, il apporte à la fois de la présence en phase offensive, dans la surface adverse, et se trouve rarement pris à défaut à la tombée des ballons notamment sur les dégagements aériens. Rampe de lancement, tacleur et occasionnellement buteur Le Moigne pourrait être le joueur idoine. Le maillon essentiel qui par sa polyvalence structure une équipe.

 

 

Vous l’aurez compris, c’est le style de joueur que j’apprécie tout particulièrement, néanmoins, je m’inquiète de son état physique. Le trentenaire semble terminer les matchs sur les rotules. Fruit d’un travail de sape long de 90 minutes ? Préparation estivale pas totalement digérée ? Toujours est-il que si le club de Gervais Martel souhaite retrouver l’élite au terme de la saison, cela ne pourra se faire sans un Jérôme Le Moigne en grande forme. Surtout épargné par les blessures, car les solutions de rechange ne sont pas légion….

TeamFoot est une plateforme d'expression libre destinée aux supporters. Le contenu des articles publiés sur le site ne reflète que la position de son auteur et non du site. Plus d'informations
 

Réagir