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La folie des grandeurs, la suite?

 
La folie des grandeurs, la suite?

L'arrivée de Gervais Martel annonce un grand chambardement (encore un...) dans les couloirs de la Gaillette. La situation actuelle du RC Lens, par ses fonctions, il en est l'un des responsables. Bénéficiant toujours d'une bonne cote de popularité, il devra prouver qu'il a bien retenu la leçon...

Les copains d'abord

L'ère Dayan n'aura duré qu'un an. Très sceptiques voire hostiles à son arrivée, les supporters lensois auront finalement apprécié le travail de remise en ordre effectué. Si les résultats restent poussifs, l'arrivée de Sikora en équipe première, le salary-cap imposé et l'assainissement de l'ambiance en interne étaient nécessaires. Nécessaires également, la fin du copinage et des emplois fictifs. L'organigramme réduit à l'essentiel avec des personnes généralement compétentes et investies dans leur tâche a permis de redonner de la crédibilité à l'entreprise.

Gervais Martel de retour, on aurait espérer que parmi les leçons qu'il avait à retenir, il y avait celle du besoin de stabilité et de sérénité. Manqué. Antoine Sibierski est déjà prié de faire ses cartons. Un bilan qui ne bénéficie que de peu de recul, un garçon qui semble vouloir imposer des valeurs, certains se plaindront, en off, d'excès dans sa manière de faire. Toujours est-il qu'il n'aura pas pu travailler sur du long terme, et c'est pourtant ce dont a besoin une politique sportive cohérente. Jocelyn Blanchard, accompagnant partout le président depuis un an, devrait sans doute récupérer son poste, dans lequel il n'a pourtant guère fait mieux il y a un an.

Autre élément positif de l'ère Dayan qui risque d'être chamboulée par Gervais Martel : la nomination de Dominique Régia-Corte au poste de directeur de la communication. Ami du président, DRC pourrait, d'après les rumeurs, laisser sa place à Patrick Valcke, pourtant renvoyé par Martel en 2008. Proche de Jean-Pierre Papin, il avait, en tant qu'employé du club, mené une campagne contre Daniel Leclercq, chaperon d'un JPP dont les compétences de coaching laissaient à désirer. Si ce retour est surprenant, il peut aussi mener à l'inquiétude : "Avec DRC, même s'il ne vous aimait pas, vous étiez traité de la même manière que les autres. Il fait son boulot avec beaucoup de sérieux, très carré", nous a confié un journaliste spécialiste du RC Lens. "Valcke, je n'ai rien contre lui, mais il est surtout là parce qu'il est le "copain de". À l'époque, hormis sa campagne dégueulasse envers Leclercq, il était aussi quelqu'un de très laxiste. Quand les journalistes avaient une requête, ça passait dans une oreille et ça ressortait dans l'autre." La nomination des copains avant celles des compétences, voilà une des raisons de la chute du club, à ne pas renouveler...

 

Tout ce qui brille

Courbis, Roux, Papin... tous ces noms d'entraîneurs clinquants qui ont marqué les pires périodes du club. Demandez à n'importe quel supporter, seuls les coachs maison ont réalisé un bilan positif. Même si, sur le plan comptable, Joël Muller pourrait s'en sortir mieux, son jeu soporifique reste dans les mémoires. La rumeur du week-end est de Foot-Mercato. On se pose souvent la question de la crédibilité de leurs infos. Pourtant, dernièrement, ils ont plusieurs fois tapé dans le mille concernant le retour de Gervais quand plus personne n'y croyait. Cette rumeur s'appelle Laurent Blanc. Elle fait rêver les Mammadix, beaucoup moins les historiques.

Fondée ou pas, cette rumeur est crédible. Des oreilles indiscrètes ont entendu Martel se moquer du bilan sportif de Sikora lors de Lens-Istres. La presse azérie, elle, annonce que Mammadov veut s'attacher les services de personnalités d'envergure internationale. Laurent Blanc n'est-il pas le candidat idéal? Sans club, sans véritables propositions (hormis le PSG paraît-il, mais il y a une cinquantaine d'autres rumeurs), il a surtout ce statut de Champion du Monde et de footballeur renommé qui ferait du bien à la propagande azérie. Et pour ne pas froisser la légende du club, on nous dira qu'après le départ de Westerloppe, Sikora n'a plus de prête-nom en attendant son DEPF.

Mais ce serait, pour Martel, le retour de la folie des grandeurs. Un entraîneur de L2 avec un salaire à 6 chiffres, au palmarès assez limité, qui tarde à confirmer ses compétences, qui reste sur deux échecs (Bordeaux laissé à l'abandon puis l'Équipe de France)... peu-importe, cela ferait parler du RC Lens, la médiatisation, cette drogue qui a poussé le Racing aux pires excès et attiré les pires requins, résolus à obtenir un emploi fictif ou presque au sein du club artésien. Remplacer un entraîneur acclamé par son cher public, par un grand nom, l'erreur a été faite plusieurs fois. Cette fois-ci, il serait très mal vu de se séparer de l'âme du club, pour un monsieur qui prônait il y a peu "un retour aux valeurs de ce club et de sa région"...

Si les Mammadix s'enthousiasment à l'idée de voir arriver une nouvelle époque de strass et de paillette, c'est qu'il n'ont pas mieux compris que notre cher président, que la folie des grandeurs a déjà tué une première fois ce club atypique dont les souvenirs sont réapparus un soir d'Avril 2013

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