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Un exploit à zéro point

 
Un exploit à zéro point

Retrouvez le fil du match OM - RC Lens (02/11/2014), ainsi que mes TOPS et mon FLOP.

@leniotna

Il est 20h30 ce dimanche soir, et Canal Plus décide enfin de se tourner vers son « grand match » du dimanche soir. Une affiche de gala ? Pas tellement. Mais une affiche intéressante qui oppose l’ogre marseillais, en légère perte de vitesse, à une jeune équipe du Racing Club de Lens, dont la « grinta » ne cesse d’être mise en avant depuis le début de la saison. En fait, c’est presque un remake d’un bon vieux péplum que nous propose la chaîne cryptée ce dimanche soir ; les 11 Spartiates Lensois qui vont se faire dégommer par la terrifiante armada marseillaise. Oui, vous y êtes ? Installés ? Allez, on passe aux choses sérieuses.

 

L’entame de match est Marseillaise, et ce n’est pas une surprise. Le kick off lensois est pourtant significatif de la tactique adoptée par Antoine Kombouaré ; le bloc lensois remonte dès que possible, et presse le milieu de son adversaire.  La clef du match a longtemps été le duel Imbula – Cyprien. Lens joue en 4-4-2, avec une sentinelle en la personne de Le Moigne, et trois relanceurs « box-to-box » que sont Cyprien, Bourigeaud et Valdivia. À chaque récupération, ces trois derniers ont pour mission de pénétrer le bloc marseillais, toujours positionné très haut.

Lens prend une grosse pression dès l’entame de match, et ne semble pas être en mesure de contenir le rythme et les décalages provoqués par le milieu olympien. Je pense qu’on était nombreux à prédire à ce moment-là une issue quasi similaire au match AS Monaco – RC Lens de la saison dernière. La sanction ne tardera pas à tomber ; acculés dans leur milieu de terrain, les Lensois concèdent un énième corner. Thauvin le tire au premier poteau, Le Moigne dévie du pied, ce qui a pour effet de surprendre la ligne défensive lensoise. Le ballon atterrit devant le but du jeune Belon, et repris victorieusement de la tête par N’Koulou (1-0, 10’).

Toute la France du football se dit alors que le match est terminé. Tous, sauf quatorze mecs. Treize joueurs et un coach, qui, appuyés par le soutien de plusieurs centaines d’irréductibles, vont renverser la tendance d’un match que tout le monde voyait perdu d’avance.

 

Dès le quart d’heure de jeu, Lens joue plus haut. Les jeunes se lâchent et, il faut le reconnaitre, les joueurs Marseillais aussi. À terme similaire, conséquences différentes ; le Onze olympien regarde son adversaire de haut. Plusieurs pertes de balle aux trente mètres redonnent alors confiance au collectif Lensois. La rage se combine à l’espoir, et petit à petit Lens se crée de multiples situations. Chavarria fait vivre un enfer à Romao, qui aurait logiquement se faire expulser (23’). Mais le ton est donné ; les Lensois sont là pour exister !

Énième situation de contre, le ballon arrive pour Chavarria dans la surface de réparation. A l’énergie, celui-ci se débarrasse de ses deux défenseurs, puis frappe. Son ballon est contré, mais revient dans les pieds du jeune Baptiste Guillaume, qui d’un malin crochet élimine Rod Fanni. La suite, c’est l’explosion du parcage Sang et Or, la joie dans les bars Lensois de France et de Navarre, et le poing serré de nombreux supporters Lensois devant leur écran de télévision (1-1, 31’).

 

Le collectif est en place, et aussi incroyable que cela puisse paraître, semble prendre le pas sur une équipe Marseillaise totalement désorganisée. Mon analyse est simple à ce moment ; l’Ohème a cru le match terminé après l’ouverture du score. L’armée phocéenne a baissé le bouclier beaucoup trop tôt. Et les Enfants de Casque d’Or ont asséné un formidable coup de glaive en guise de réponse, qui a longtemps laissé les Marseillais groggy.

Quel plaisir ! Ces jeunes sortent leurs tripes et le contexte semble jouer en leur faveur. Le Moigne sort sur blessure, GBamin entre à son tour, histoire de baisser encore la moyenne d’âge des Galibots.

 

La mi-temps est sifflée, et les jeunes Lensois rentrent au vestiaire, la tête haute. Dans le couloir qui mène les Lensois au terrain, Kantari se fait interroger par le nain de Canal ; c’est à ce moment précis que je sais que ce soir, tout sera possible. Ahmed est posé, serein, et se permet même d’annoncer au micro de Canal que Lens pourra chercher quelque chose, si le score est toujours nul passé l’heure de jeu. Mon premier réflexe sur le but de Thauvin ? Regarder le chrono…

Car oui, c’est précisément à la soixantième minute que le coup de grâce intervient. Après deux légères embrouilles, le duo Gignac – Thauvin finit par se trouver. La passe en profondeur de Payet pour Gignac perce la muraille. Le centre en retrait d’APG pour Thauvin fait le décalage, et ce dernier s’en va crucifier le junior Valentin Belon (2-1, heure de jeu).

C’est dur à accepter, mais cela semblait inévitable. Marseille revenait mieux dans cette deuxième mi-temps, malgré la farouche résistance de la CFA lensoise. Résistance, je devrais plutôt dire « opposition ». Car dès la reprise, les Artésiens se montrèrent dangereux. Le déboulé de Basptiste Ronaldo Messi Guillaume laissait sur place toute la défense marseillaise. Au centre, Cyprien manquait de justesse dans le dernier geste, certainement à cause de ce rebond capricieux.

Suite au second but marseillais, il était encore légitime de craindre un écroulement mental et physique. MAIS NON ! Après quelques minutes de flottement, ces « fous » repartent au combat, avec une énergie décuplée. Cavaré manque de tranchant sur un coup franc de Valdivia (66’), Touzghar voit son tir contré, après un nouveau service de Pablo (72’). Chavarria est intenable, et sera justement élu joueur du match par le plateau de Canal +. Il figure même ce matin dans le onze type du weekend du quotidien l'Équipe.

 

Soixante-seizième minute ; l’espoir renaît. Romao est – enfin – expulsé, juste après le remplacement de Payet par le jeune Aloé. Bielsa voyant son milieu totalement absent, avait décidé de remonter Romao au milieu afin de densifier cette zone du terrain qui lui est si cher. Double coup-dur pour le technicien argentin. Les jeunes entrants marseillais sont aussi inexpérimentés que non-habitués au système Bielsa. À 10, l’OM doute, et le RC Lens se ragaillardit. Les centres lensois se font de plus en plus nombreux, et la panique gagne les rangs des Phocéens. Le stade se refroidit et la tension monte. Lens pousse ! ET C’EST CERTAIN, Lens va le faire ! L’histoire du poteau de corner brisé ajoute même sept minutes de temps additionnel… Le suspense est… TOTAL !

Quatre-vingt-seizième minute, le RC Lens récupère un nouveau ballon aux trente mètres. La prestation est immense. Le collectif est génialement mis en musique. El-Jadeyaoui s’infiltre dans la défense marseillaise et délivre un putain de caviar à Touzghar. Tout le monde le voit arriver, ce scénario rêvé. Car c’est bon, Lens va le faire. Frissons pré-orgasmique. Le RC Lens tient son nouvel exploit…

Black Out !

 


Mes TOPS :
Antoine Kombouaré est le PAPA du RC Lens
Les enfants de Kombouaré sont magnifiques
Avec Pablo, tout est possible

Mon FLOP :
Guess who?

 

Louis de Finesse, @leniotna

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