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Pour toi, Racing, on chantera...

 
Pour toi, Racing, on chantera...

Billet d'humeur, suite à la conférence de presse de Gervais Martel

« Pour toi Racing on chantera… »

Ce matin, le réveil est dur. Les yeux sont encore embrumés, les muscles sont relâchés, l’esprit est totalement ailleurs. On y croit, sans y croire. On constate, impuissants. On lit ce qui a à lire, on réfléchit. On tente de se rassurer, entre frères Sang et Or. Des messages de sympathie nous arrivent d’autres clubs ; amis, et même rivaux. L’heure est grave, assurément. Ce n’est pas une descente en L2 qui nous attend. C’est une chute, une longue chute. Pour quel atterrissage ? L’inconnu. Ça en devient tellement insupportable qu’une euthanasie pure et simple serait presque appréciée par une partie d’entre nous. On se pose devant YouTube, et on regarde, avec une nostalgie qui n’a jamais été aussi dure à supporter, les vidéos des grands matchs de notre Racing chéri ; RC Lens – Paris SG de 1998, Arsenal – RC Lens de 1999, RC Lens – Metz de cette même année, ou encore RC Lens – Celta Vigo de 2000, où l’on voit un Olivier Dacourt, l’arcade ensanglantée, entamer son tour d’honneur dans un Bollaërt en fusion, qui célèbre la qualification des siens pour les demies de la Coupe de l’UEFA. Apogée. Tellement de souvenirs. Certains remonteront plus loin ; aux épopées européennes du milieu des années 1990, aux buts de Roger Boli et à l’avènement de cette génération dorée, menée par les Wallemme, Déhu, Sikora et consort, qui passa d’une position de relégable au titre de champion de France quelques mois plus tard. À travers ces vidéos, la générosité et l’amour du maillot transpirent. Mesdames et Messieurs, le Racing Club de Lens, dans son plus simple appareil.

La saison 2014 – 2015 marque pourtant un retour à ces valeurs. Une équipe jeune, battante, vaillante, qui a du talent, mais peu d’expérience. Un souffle d’espoir, de renouveau. Et ce coach ; Monsieur Kombouaré. Vous ne lirez certainement jamais ces lignes Antoine, mais je tiens à vous remercier pour tout ce que vous faites en ce moment pour le Racing. Si on devait choisir une personne qui incarne le mieux notre club aujourd’hui, ce serait vous ! Sans aucune contestation possible. Si le RC Lens meurt demain à cause de nos dirigeants, nous vous reconnaitrons le mérite de vous être battu jusqu’au bout, d’avoir redoré ce blason qui ne cesse d’être ensanglanté.

Le flou total qui englobe notre club est tout bonnement insupportable. Cette mascarade dure depuis plus de six mois, et les tensions vont en s’accroissant ces derniers jours. Je n’ai pas envie de me prononcer sur les rôles de nos dirigeants dans ce billet, car l’heure n’est pas à la division au sein des supporters. C’est la pire chose qui puisse nous arriver. Restons unis, et respectons la demande d’Antoine ; l’Union Sacrée, jusqu’au bout. Le spectre de Strasbourg, autre Racing déchu, se dresse face à nous. Le vertige des abysses nous frappe tous, lensois que nous sommes et que nous serons toujours. Nous sommes groggy. Nous pensions que le pire était derrière, et que l’avenir serait à nous. Le Racing devait être le symbole de ce département, sinistré depuis de nombreuses décennies, et qui s’efforce à rester digne, qui attend son heure, sa troisième Révolution Industrielle. Force est de constater que footballistiquement parlant, nous n’avons plus beaucoup d’illusions aujourd’hui. Le Racing Club de Lens va très certainement quitter le monde professionnel. Pour un moment.

Il reste deux grosses semaines à Gervais Martel pour trouver 16,5 millions d’euros. Comme le remarquait très justement @NenadGrozdic, comment croire en ce miracle, quand nos dirigeants n’ont pas été capables d’apporter les garanties financières nécessaires lors des six derniers mois ? Notre Président doit retourner en Azerbaïdjan la semaine prochaine, pour jouer sa dernière carte vraisemblablement.

J’aimerais vous poser une question – peut-être prématurée, je le conçois – pensez-vous vraiment que notre Racing peut mourir ? Pensez-vous que notre club peut disparaître à jamais, en laissant derrière lui des centaines de milliers de supporters orphelins à travers le monde, et un stade Bollaërt tout neuf en guise de Mémorial aux Morts ? J’espère connaître votre réponse dans mon for intérieur. Car pour moi, le Racing Club de Lens n’est pas Gervais Martel, et Gervais Martel n’est pas le Racing Club de Lens. J’ai lu trop de commentaires du type « Gervais Martel est le RC Lens », « Sans Gervais Martel, le Racing n’existera pas ». Ceci est FAUX ! L’institution RACING CLUB DE LENS – puisque ce terme est à la mode – est au-dessus de tout individu. Les seuls individus qui peuvent être associés au RC Lens sont les supporters, qui seront toujours là. Le reste – joueurs, entraineurs, staff, dirigeants – ce ne sont que des personnes qui laisseront des traces, mais qui n’auront jamais vocation à se substituer au club. Nous ne sommes pas le Racing Club de Martel (ou autre). Ce sentiment omniprésent qui associe le RC Lens à Gervais Martel est ancré dans vos esprits, car il a été véhiculé depuis de trop nombreuses années par le club, les médias, le Milieu du football français, tout en étant magistralement orchestré par le principal intéressé. Prenez du recul, et rouvrez les ouvrages sur l’histoire du RC Lens. Nous sommes un Vrai Club de Football, avec une putain d’histoire. Le RC Lens a tutoyé les sommets à de nombreuses reprises dans le courant de son histoire. Gervais Martel en a fait partie. Il a créé une magnifique dynamique dans les années 1990, et a très probablement mené le club à sa perte. Nous ne sommes pas une entreprise commerciale. Nous n’avons pas le palmarès de l’OM, de l’ASSE, de Nantes ou du Paris-SG. En termes d’histoire, nous ne tenons pas la comparaison avec ces mastodontes du football français. Mais « ON EST LA ». Pourquoi le milieu du football s’intéresse tant à notre club ? Pourquoi les médias se sont penchés sur le retour du RCL en L1 avec tant d’opiniâtreté ? Vous le savez aussi bien que moi. Voire mieux. Le RC Lens, c’est plus qu’un club, c’est une famille !

Le Racing Club de Lens c’est Nous. Tous les indépendants, et toutes les sections de supporters, qui à travers la France, chanteront toujours pour Lens. On ne peut pas crever. On ne crèvera pas. On repartira d’en bas s’il le faut, mais on repartira. Avec de nouvelles personnes, des nouveaux actionnaires et des nouvelles idées, une nouvelle énergie, car cette région en déborde. Ce club draine beaucoup trop de passion pour être enterré vivant. Car oui, même au fond du précipice, la force vive, la passion autour de ce club ne s’éteindra jamais. Il n’y a qu’à voir l’engouement exceptionnel des supporters en Ligue 2 la saison dernière. Les affluences aux matchs, aux entraînements. Gervais Martel a raison – on peut lui reconnaitre cela – quand il dit que ce club est une poudrière, et qu’une étincelle pourrait suffire à refaire partir la flamme, la ferveur, qui ont déplacé des milliers de Lensois à travers la France ces derniers mois.

Le Racing Club de Lens n’est pas en train de mourir. Il est sur le point de renaître. Croyez-le, c’est vital !

« … notre cœur ne bat que pour toi. Quoiqu’il arrive, garde la foi. Toujours, avec toi nous serons là ».

@leniotna

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