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Lens, ce kiff légendaire

 
Lens, ce kiff légendaire

Parce que les aléas négatifs d’une vie n’ont aucun impact sur ce bébé centenaire. Parce qu’à Lens plus qu’ailleurs, il existe une âme vivifiante, bandante. Parce que toujours, ce Racing renaîtra de ses cendres. Direction 2016, à l’aube d’une nouvelle épopée.

Droite, gauche. Les yeux d’Eric Sikora balaient rapidement le décor. Un clignotement, puis 2. Adossé à son banc de touche, le Lensois de toujours ressent une certaine émotion. Elle se perçoit. Ses pensées volent et se contemplent. Comme un livre ouvert. Devant lui, 14 gamins s’hydratent en cette chaude fin de journée aoûtienne. Un peu plus loin, sur sa droite, Valentin Belon s’échauffe. Bien aidé par Jérémy Vachoux et Jean-Pierre Lauricella. Hop, une frappe trop enlevée vient terminer au rang n°12 de la Delacourt…

 

Souvenirs douloureux

Samedi 20 août 2016, 17h23. Un court instant, la nostalgie refait surface. Une nostalgie tragique. A côté, la descente de 2008 prêterait à sourire. Eté 2015. Englué dans une infernale spirale négative, le RC Lens se voit contraint de déposer le bilan. Ne parlez plus de l’Azerbaïdjan en Artois. Un sujet devenu tabou. La moindre référence à la période de l’oligarque Hafiz vous offre un regard noir en retour, au mieux. Un coup de tête, au pire. Comble du malheur artésien, l’équipe réserve descend d’une division. Retour à la case CFA 2. La grande flotte lensoise n’est que l’ombre d’elle-même. A la dérive, détournée, touchée. Son cœur s’essouffle. Stop ! « Allez les mecs, encore un ptit quart d’heure. Malick, applique-toi dans tes passes », hurle coach Siko. Besoin de se replonger dans le présent. Plusieurs centaines de supporters garnissent déjà les travées de Bollaert. Délaissé le temps d’une saison, l’antre historique du club minier est réinvesti. Enfin !

 

Bollaert, nous revoilà

François-Blin a servi de transition. Le temps pour Lens de se remettre à l’endroit et de remonter d'un échelon. Les pieds sur terre, le nouvel actionnaire injecte avec parcimonie son blé. Car il ne s’agit pas de faire de folie. Petit à petit, l’ambition renaît à nouveau. Etape par étape. A l’image d’un Strasbourg, d’un Toulouse ou plus généralement d’un Sedan. En retrait depuis une année, Gervais Martel a lui aussi pris place dans son bon vieux Bollaert. Son amour toujours intact pour ses couleurs. Ces dernières reprennent peu à peu leurs lustres d’antan. Mais patience. D’ailleurs, cette belle Marek l’a bien comprise. « Sikora !!! Sikora !!! » scandent les premiers à s’asseoir à leur nouvelle place. Là où, il y a environ 2 mois, Bollaert avait enfilé ses habits de gala. L’Euro 2016 permit à cette enceinte d’afficher complet. Une affluence de 38 000 loin d’être atteinte en ce week-end post-assomption. Environ 10, peut-être 15 000. Pour un derby Lens-Dunkerque en CFA… Exceptionnel !

 

Valeurs dans le sang

Mais depuis longtemps, l’engouement que suscite le Racing lui permet de vivre, de survivre. D’ailleurs, son public siège au conseil d’administration. Unique en France. Preuve qu’au-delà des multiples difficultés traversées, le renouveau n’a jamais cessé d’être pensé, dessiné. Avec toujours en tête l’objectif de bâtir de solides fondations. Sur lesquelles repose un mot inscrit en grand dans le vestiaire lensois : valeurs. A ce titre, plusieurs jeunes pousses ont accepté de rester, moyennant un salaire dérisoire. Sous la houlette du capitaine Jérôme Le Moigne, les Quentin Lecoeuche, Thomas Delaine, Benjamin Boulenger ou encore Taylor Moore sortent sous les copieux applaudissements de leurs fans.

 

Roulez jeunesse

Sans oublier une tape amicale dans la main de Dominique Regia-Corte. Le speaker n’a pas rangé sa casquette au placard. Toujours prompt à donner de la voix et faire chauffer la cathédrale qu’est Bollaert. 17h52… 17h53. La Marek déborde quasiment. Les niveaux 0 ont fière allure. A cette heure, la Ligue 1 et le monde professionnel paraissent loin. Peu importe. Car dans le bassin minier plus qu’ailleurs, on connaît le mot travail, abnégation. Le passé n’est jamais loin. Le bonheur futur a toujours été atteint au prix d’un courage admirable. Echarpes tendues, drapeaux levés, la « Lensoise » salue l’entrée de sa jeunes garde. Promis, ce kop ne lâchera rien. Sur le banc, Eric Sikora lève les yeux au ciel. Au micro d’un confrère, il s’exclame, presque sans voix : « Quel kiff. Jamais Lens ne mourra ! » Pas besoin d’acquiescer, il n’y a qu’à écouter. 

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