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Une absence de réaction qui laisse présager du pire

 
Une absence de réaction qui laisse présager du pire

Le Racing Club de Lens a encore livré une contre-performance vendredi, lors de la réception de Tours. L’état d’urgence doit être lancé, pourtant, personne ne bouge. Inquiétant.

Un bilan catastrophique

Comme j’ai pu l’exposer dans un précédent article : A la recherche de l'identitié du Racing Clbu de Lens, la présence de recrues totalement inconnues ne laissait rien présager de bon. Interdit de recrutement à titre onéreux (ce qui, au passage, ne nous donne aucune indication sur le montant financier limite), le RC Lens a dû composer son recrutement avec des joueurs quasi gratuits dont aucun autre club ne souhaitait. Il fallait s’y douter, si les joueurs n’ont pu faire leur preuve ailleurs, ça ne risquait pas de se produire ici.

La deuxième partie de saison dernière s’est mal passée pour le Racing. Le manque de fraîcheur dans le groupe, l’objectif maintien hors de portée et un effectif extrêmement jeune ont mené le Racing à afficher des statistiques très faibles en championnat (19 matchs) :

  • 10 points (0,53 pt/match)
  • 2 victoires, 4 nuls, 13 défaites
  • 12 buts marqués (0,63 but/match)
  • 37 buts encaissés (1,95 buts/match)

Un nouvel effectif, des ambitions retrouvées, la DNCG validant le budget du club et le retour à Bollaert représentent le nouveau départ tant espéré pour le Racing. En Ligue 2 certes, mais une nouvelle chance d’oublier les nombreux déboires des 5-6 dernières années. Après 7 journées de championnat, les Sang & Or ont réussi à faire pire encore. Belle performance :

  • 4 points (0,57 pt/match)
  • 0 victoire, 4 nuls, 3 défaites
  • 4 buts marqués (0,57 but/match)
  • 11 buts encaissés (1,57 buts/match)

Sur l’année civile, le Racing n’a remporté que 2 victoires. Lens pointe désormais à la 19e place, avec la moins bonne différence de buts (-7) et un fond de jeu inexistant. Impossible d’imaginer une éclaircie survenir dans les prochains jours. Nous fonçons dans le mur, et personne ne s’en inquiète.

 

Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

Inhabituel pour un homme aimant à ce point la communication, Gervais Martel est resté discret dans la presse depuis le début de saison. Il a cependant senti le vent tourner après la défaite à Brest, puisqu’il a devancé les embarrassantes questions des journalistes en intervenant de son propre chef pour annoncer que Kombouaré n’était « absolument pas menacé ».

À part ça ? Rien ! Aucun commentaire sur les résultats de son équipe, aucune critique sur les prestations individuelles / collectives, aucune réaction. À ce rythme-là, notre président va devenir aussi transparent que notre propriétaire.

 

Un entraîneur qui a jeté l'éponge ?

Il en va de même pour Antoine Kombouaré. Lui qui est connu pour être un véritable battant, un mec qui déteste la défaite et qui va inculquer les valeurs de la gagne à tout un groupe, le Kanak s’est totalement éteint. AK a pu construire son groupe, composer une équipe avec les joueurs qu’il souhaitait faire venir (en prenant en compte les limitations fixées par la DNCG), ce qui en fait le premier fautif de ce fiasco.

Il est possible de se rater sur un début de saison. C’est même compréhensible dans le contexte lensois avec une équipe totalement chamboulée. L’entraîneur est là pour faire les ajustements, faire progresser son équipe, pousser quelques gueulantes et modifier le comportement de ses joueurs. A croire qu’Antoine Kombouaré a perdu son fighting spirit. Rien, il n’y a rien ! Aucune réaction de sa part ! Aucun changement tactique permettant à certains de se remettre en question ! RIEN !

Pire, il se prive de certains joueurs pouvant apporter de la fraîcheur (Moore par exemple) et s’entête dans des choix incohérents (Chavarria totalement transparent dans l’axe).

 

Un groupe pas à la hauteur

En même temps, Antoine Kombouaré a certainement dû baisser les bras en voyant le niveau des joueurs. En tant que supporter lensois, j’ai l’habitude de voir des matchs totalement insipides. J’ai vu des matchs avec des air-marquages de Grégory Vignal, j’ai vu un magnifique double doigt d’honneur de Daniel Cousin à Bollaert, j’ai vu Vedran Runje traiter les supporters de « fils de poute », j’ai vu David Régis. J’ai l’habitude d’avoir les yeux qui saignent, et pourtant… Le Racing a cette merveilleuse capacité à creuser toujours plus profondément.

 Je n’ai pas les mots suffisants pour décrire le néant technique qui compose le groupe lensois chaque week-end. Incapable de faire un dribble, incapable d’assurer une passe. Des défenseurs qui balancent des pralines devant en espérant que l’un de nos deux bulldozers va la récupérer grâce à leur pointe de vitesse. Un milieu de terrain qui se fait manger de la 1ère à la 90e minute. Une assise défensive qui me donnent envie de remettre Tixier – Dumas – Aubey – Démont plutôt que de voir ce massacre. Un gardien qui n’y est pour rien, mais qui est incapable de faire gagner des points.

Il n’y a qu’un seul joueur dans ce groupe qui fait faire la différence : Autret. Cette erreur de casting a tout de même permis au Racing Club de Lens de marquer 2 buts et de décrocher 2 points. Je n’ose même pas imaginer ce qui pourrait se produire en cas d’absence ou de baisse de forme de sa part.

 

Un public qui ne joue pas rôle

Le supporter lensois est réputé pour être derrière son équipe dans les bons comme dans les mauvais moments. Une fois de plus, il ne déroge pas à la règle puisqu’ils étaient plus de 21 000 spectateurs à assister à cette purge qu’était Lens – Tours. Même 19e de Ligue 2, le RC Lens reste attirant.

Je pense qu’on arrive ici à la très étroite frontière entre support inconditionnel et aveuglement. Le supporter, bien que derrière son équipe, a le droit de pousser une gueulante pour remettre de l’ordre dans la maison. Là aussi, il ne se passe rien. Absolument rien ! Gervais Martel a dû sacrément marabouter tout son petit monde pour que le 12e homme lensois soit aussi apathique que son équipe.

Ce vendredi encore, les supporters lensois ont continué de chanter jusqu’au coup de sifflet final. Et ensuite ? On demande à chaque joueur après les contre-performances à domicile de venir s’expliquer devant le Kop ? On se fait un petit clapping si on arrive à gagner un autre match en 2015 ? Les résultats ne sont pas au rendez-vous, mais au moins les joueurs et entraîneurs ne cessent de vanter les mérites d’un public qui pousse son équipe dans les moments difficiles. La reconnaissance plutôt que les 3 points.

 

 

Quoiqu’il arrive, le renouveau du Racing Club de Lens ne pourra passer que par le terrain. Mais qu’on joue bien (à Brest) ou mal (les 6 autres matchs), le Racing ne gagne pas ! Personne ne semble s’en inquiéter. Gervais Martel dirige son club à nouveau, Antoine Kombaouré n’est pas au chômage et se prend son chèque en fin de mois, les joueurs ont retrouvé un club qui voulait d’eux, le public obtient la reconnaissance tant recherchée. Tout le monde est content, rien ne va mal.

Les 5-6 dernières années auront au mieux eu le mérite de nous préparer au pire : #RoadToNational

 

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