TeamFoot offre une tribune d'expression aux passionnés

Le dernier mot

 
Le dernier mot

"Il vaut mieux composer avec l'ombre plutôt que de la nier". Cette phrase du sociologue Michel Maffesoli pourrait illustrer le mariage Mammadov - Martel. Relayé par les médias à grands coups de titres pompeux et surdimensionnés, ce mariage concerne en réalité un grand club qui a pris des allures d'élève (c'est d'époque) qui ne sait pas s'il doit flirter avec les imbéciles du fond de classe qui n'en ont que faire des règles et des résultats, ou s'il doit essayer de trouver sa place dans le ventre mou pour ne pas être catalogué de premier de classe et de chouchou des profs (ici des médias), mais pas non plus comme cancre dont on ne peut plus rien tirer (Charles si tu me lis celle-là est pour toi). Mais l'utilisation de superlatifs au sujet du RCLens concerne autant les médias que Mammadov lui-même. 

 

La communication. Elle est source de conflit, de réconciliation, de compréhension, elle permet de fonder une relation, car au-delà des regards que deux personnes peuvent échanger, le premier mot qu'elles échangeront est ce qui constitue la naissance d'une relation platonique, comme enflammée, l'utilisation des mots en décidera. Ici, au-delà des mots, ce sont des attitudes exagérées qui s'y additionnent. Tout le monde se souvient des phrases prononcées par Mammadov lorsque celui-ci parlait du Racing Club de Lens, enfermé dans sa demeure tels des centaines de lingots dans Fort Knox, "Lens is the best club of the world". L'extrapolation est à son paroxysme. Tout d'abord, "Lens is the best club". En fait, Hafiz, s'il s'arrêtait à ça, n'aurait pas tort, mais pas non plus raison. En effet, tout le monde sait que Lens est the best club pour relancer les équipes dans le doute. Tout le monde sait aussi que Lens was the best club pour relancer des joueurs cantonnés à cirer le banc dans leur club précédent, car Martel était convaincu que "confier Lens à des revanchards est certainement gage de réussite, car ces derniers n'ont rien à perdre", eux sans doute pas, mais nous si, encore que... Je me demande si au final des types comme Akalé, Kalou, Sablé, Laurenti ou Pieroni n'ont pas enfoncé leur tombe un peu plus profonde encore après leur passage à Lens. Tout le monde sait aussi que Lens is the best club where love and passion font 1. Cet amour et cette passion, parlons-en. 

 

Mammadov en a souvent parlé, par le passé, quand il avait encore le droit de s'exprimer. Ne pouvant vanter le Racing pour ses titres, car la vitrine du Racing prend vraiment poussière et que les trophées qui s'y trouvent ont été remplacés depuis par d'autres flambants neufs, et tout aussi moches ça je vous l'accorde. Non, Martel a montré ce qu'était Lens. Lens, ce club à l'anglaise, ce club, où même s'il était dans les abysses du football français, serait toujours autant aimé et supporté. Regardez ces couleurs, ces chants, ces kilos/tonnes de frites ingurgités tous les 15 jours, regardez ce public ovationner Gervais Martel tel le Messie venu sur Terre pour guider des ignorants vers la vérité et la vie éternelle, mais face à ça comment avoir peur d'investir? 

L'équipe de Martel a très bien expliqué ce qu'était Lens : "Hafiz, brosse-les dans le sens du poil, souris, et tu verras ils t'acclameront". Comme le jeune Jules César s'installant sur le trône à Rome qui vit un de ses lieutenants lui souffler dans l'oreille "Offre du pain au peuple, et il t'acclamera". C'est exactement ce qu'il s'est passé à Lens. Mammadov a mis en avant sa demeure, son argent, son aura dans son pays, comme JC aura mis en avant ses conquêtes à travers l'Europe via une communication précise et des plus réfléchies. 

 

Mammadov a remis les comptes du Racing à l'équilibre. Évidemment, j'ignore où se trouverait le Racing aujourd'hui sans cet apport financier, peut être ne parlerait on plus d'équipe réserve à Lens, mais d'équipe première en CFA, enfin c'est un autre débat. Discrètement, Hafiz a mis la main sur ce qui représente le Racing, le stade Felix Bollaert. Tout d'abord au niveau de la publicité, exit Invicta "Poêles à bois", bonjour "Azerbaijan, Land of fire". Ensuite, bonjour l'arrivée du drapeau Azéri au-dessus de la Xercès qui aura trouvé siège au centre de la tribune. Bien vu là encore, car à Lens les caméras viennent de la Lepagnot donc exposent pleinement ce morceau de tissu flottant au dessus du coeur de Bollaert. Le clou du spectacle est évidemment l'appel de DRC à acclamer Hafiz Mammadov suite à la purge footballistique Lens - Châteauroux.

Reste maintenant à marier Hafiz et le kop. C'est chose faite grâce au clapping qui fête la victoire Lensoise sur les Castelroussins. Vous vous souvenez de ces images, personnellement je ne sais pas si je pourrai les oublier. Je vois encore Mammadov faire un câlin à Martel, sa tête sur son épaule, Martel les yeux remplis de larmes affichant le sourire d'un gamin devant le dernier jeu à la mode dans un rayon d'un supermarché, puis vint l'heure de se lever, de pointer les mains en signe de V vers le ciel et de les frapper en criant "Lens". Le signe V comme le signe de la Victoire, oui la communication de Mammadov et de Martel a fonctionné, les Lensois y voient que du feu grâce à l'emploi à outrance de paillettes, en plus l'équipe gagne, tout va bien.

 

À communiquer pour un oui ou pour un non, forcément le jour où l'on se fait distant, ça se voit. Déjà, cette rareté dans les médias avait été pointée du doigt lors du mercato d'hiver. Néanmoins, l'arrivée d'El Jadeyaoui a rapidement dissipé les doutes. L'équipe marche toujours aussi bien, mais le ciel s'obscurcit de plus en plus au-dessus de Bollaert. Les victoires se font rares comme les interventions de Mammadov. Les médias se font plaisir et envoient par paquet les plus folles rumeurs. Que cela ne tienne, fin mai, Lens va chercher son billet, sportivement, pour la Ligue 1 sur les terres corses, Martel sort les écharpes, les drapeaux, les micros, les seaux d'eau, les poignées de main, les "Merciii" "vous êtes les plus beaux, les plus forts, attention la Ligue 1 nous voilà", limite on y croirait, limite on se dirait "Il va sortir le fric et ça va déménager". Heureusement que le centre-ville de Lens a été envahi et que les supporters ont pu fêter cette montée. Le dernier sourire avant les premiers pleurs.

 

Bon, maintenant on fait quoi?

L'argent n'arrive pas et la communication se fait rare. Puis Martel sort du silence. Si l'Équipe ne l'avait pas poussé à communiquer via son titre "Martel, out?", quelle rentrée nous aurait-il proposée ? Le journal pointe du doigt la communication orageuse qui existerait dans la relation Mammadov-Martel, relation quasiment inexistante selon plusieurs personnes. Cependant, Martel balaie d'un revers du bras cette rumeur et insiste en disant "qu'il l'a encore eu au téléphone y a pas une heure". À lui, on ne lui fait pas, divorce entre Mammadov et lui, non mais sans blague et pourquoi pas des oreillons pour sa grand-mère? Je vous passe la fête nationale Azérie et l'iBAN.

Tout le monde sait, ou plutôt, ceux qui réfléchissent, savent (oui le peuple Lensois est comme dans toute société, il y a 90% de personnes pour lesquelles on peut encore faire quelque chose, et puis 10 qu'on met de côté, car perdues, à Lens c'est peut être plus en fait), que Martel et la communication ça fait 36. 
Dois je remettre sur le tapis ses propos post titre 1998 "Lens arrive et vous allez voir ce que vous allez voir", c'est clair on a vu, première sortie du Champion 98, première claque à Toulouse. Mouais... En fait, le problème de Martel c'est qu'il ressemble beaucoup à Mammadov. Le "riche" azéri s'enflamme pour un avenir très proche qui se compte en mois, voire semaine ou jour, tandis que Martel s'enflamme sur de la longue durée. Rappelons-nous, on aime en rigoler aujourd'hui, du dernier plan quinquennal qui devait voir Lens au moins deux fois en Ligue des Champions sur cinq ans et un ou plusieurs titres (j'avoue je ne sais plus). Ce plan date de 2007. En 5 ans, effectivement on a eu deux... descentes en Ligue 2, et une participation à la finale de la Coupe de la Ligue et le clou reste la perte de la présidence du club par l'investigateur du plan quinquennal lui même. Dans le style "communication en bois" on ne fait pas mieux, je fais certainement partie de ces parieurs qui ne donneraient pas, à Martel, une grille de Loto Foot avec une mise à 10€ les yeux fermés. 

 

Aujourd'hui, nous sommes dans la toute dernière ligne droite, les dernières 24 heures (moins à l'heure où vous aurez lu ces lignes) d'un été des plus pourris. Aujourd'hui, nous espérons tous des réponses. Beaucoup ont encore confiance en Martel et sont persuadés que la situation trouvera un sort joyeux en fin de journée, mais d'autres, et ils sont de plus en plus nombreux et sans doute ceux-là sont les plus réfléchis, craignent une nouvelle journée sans réponse. Lens ressemble à cet aveugle dépourvu de sa canne qui lui permettrait de mieux se faufiler dans la foule et de ne pas trébucher. Lens avance dans l'ombre, comme Martel a donné les clés du Racing à cet homme de la nuit, dont je pense qu'il ne connait finalement pas grand-chose, car pour avoir permis à Hafiz d'avoir ses acclamations, son drapeau au-dessus de notre emblème Bollaert et sa marque sur le maillot du Racing, il doit avoir une confiance des plus aveugles pour ce petit homme à la démarche pas toujours très sereine, mais pouvait il faire autrement ?

Aujourd'hui, il est l'heure pour Martel et ses amis de parler. C'est le jour J, le Day D. Habillé d'un parachute ou pas, Martel doit sauter et s'expliquer, car comme un jeune homosexuel attendant l'extrême limite pour présenter son petit copain à ses parents et ainsi leur révéler son penchant sexuel, Martel se trouve dans l'obligation de dire la vérité.
Encore que.. pour l'homosexualité, c'est beau, car ça reste de l'amour...

TeamFoot est une plateforme d'expression libre destinée aux supporters. Le contenu des articles publiés sur le site ne reflète que la position de son auteur et non du site. Plus d'informations
 

Réagir