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Célébrations abusives, à quand le clap de fin ?

 
Célébrations abusives, à quand le clap de fin ?

Alors que l'on pense depuis de nombreuses années que les supporters du RCL n'ont pas l'équipe qu'ils méritent (des mercenaires incapables de se donner sur le terrain, qui ne réalisent pas la chance de jouer avec ce fabuleux public) jamais les joueurs n'ont semblé être aussi proches d'eux. Le clapping représente le point culminant de cette alchimie spéciale. Et si on arrêtait d'en faire trop ?

Le clapping, une tradition vieille de 3 mois

Pour ceux qui ont hiberné depuis le retour des vacances d'été, le clapping est une animation de tribunes ou le Capo va réclamer le silence le plus total, avant de demander à tous les supporters de frapper dans ses mains en criant “Lens”, puis de réclamer à nouveau le silence et ainsi de suite, tout en augmentant le rythme. Le visuel et la force vocale, contrastant alors avec le silence, donnent une sensation de puissance inégalée.

Trouvant ses origines du côté de la Grèce et de la Turquie, importé en France par Nice en fin de saison dernière, le clapping fut introduit à Bollaert dès la première journée de championnat face au CA Bastia. Cependant, il fût lancé sous forme d'animation tribune classique, durant le match.


Clapping réalisé en avant-match lors de Lens - Troyes

 

Trop de clappings tue le clapping

Tel un Pokemon, le clapping a connu de nombreuses évolutions : trouvant écho lors de la seconde journée (Lens - Auxerre) avec la participation des 4 tribunes, puis en avant match face à Troyes (5ème journée) avec la présence d'un Capo au rond central. Il attendra des sommets en fin de match, toujours face à Troyes, lorsque les joueurs viendront célébrer la victoire devant une Marek en transe. L'évolution ultime concerne la présence d'un membre extérieur au groupe lensois ou l'un des joueurs dans le rôle de chef d'orchestre.


Clapping mené par Yahia après la victoire face à Nîmes

Depuis, voici une liste de l'ensemble des clappings réalisés :

  1. Lens - Troyes, présence du Capo au rond central [avant-match]
  2. Lens - Troyes, célébration de victoire [fin de match]
  3. Lens - Créteil, célébration pour les U12 champions du Monde [avant-match]
  4. Lens - Metz, célébration de victoire [fin de match]
  5. Lens - Nîmes, célébration de victoire avec Yahia en chef d'orchestre [fin de match]
  6. Lens - Caen, célébration de victoire avec Cyprien en chef d'orchestre [fin de match]
  7. Creil - Lens, célébration de victoire avec N'Diaye en chef d'orchestre [fin de match]
  8. Creil - Lens, célébration de victoire avec les joueurs de Creil [fin de match]
  9. Lens - Châteauroux, animation “classique” pour faire monter l'ambiance [avant-match]
  10. Lens - Châteauroux, célébration de victoire avec Aréola en chef d'orchestre, monté dans la Marek et la participation de jeunes Azéris [fin de match] + images partagées de Martel et Mammadov faisant le clapping - Ultra combo

 

Communie avec les joueurs et ferme ton clapet

Je ne souhaite en aucun cas remettre en cause toute forme de célébration entre l'équipe et les supporters. Au contraire, après de nombreuses années de disette, il serait bien bête de ne pas en profiter. Cependant, ce phénomène a pris une ampleur telle que l'animation semble hors de contrôle. Elle est utilisée à tort et à travers avec des intervenants extérieurs de plus en plus nombreux (faire participer des amateurs à crier “Lens”, alors qu'ils viennent de manger un 5-0 à “domicile”, vraiment ?!).

Les médias relaient cette animation en la qualifiant de “traditionnelle” 3 mois après sa création. Les supporters eux, n'hésitent pas à voir toujours plus grand, pour preuve la création d'une page pour que Martel anime lui-même le clapping devant la Marek (1.800 likes à ce jour). Nous touchons alors le fond du trou lors qu'une page Facebook voit le jour pour manifester notre mécontentement envers BeInSport qui a coupé la diffusion du match avant cette célébration (+200 likes en 24h !).

 

Et après ?

Cette animation est devenue le point culminant du spectacle offert par les supporters lensois, au détriment presque du match en lui même. Que se passera-t-il le jour où les joueurs ne fêteront pas leur victoire à domicile avec cette célébration ? Les supporters vont-ils vivre cela comme une trahison, une rupture dans la relation qu'ils ont mise en place depuis le début de saison ?

Il est important de rapidement encadrer ce clapping, au risque d'y mener tous les supporters vers l'overdose, perdant ainsi le profit d'une célébration extraordinaire. Ne faisons pas de cet événement hors-normes un événement ordinaire.

Ainsi, je rejoins parfaitement les propos du président des Ultras Populaire Sud de Nice :
« On ne souhaite surtout pas le faire à chaque match. Il faut que cela reste une manifestation populaire spontanée. Il ne faut habituer les gens, car ce n'est pas un show. On ne veut surtout pas en faire un gadget. À Nice, on a une certaine culture des tribunes, évidemment imprégnée du sud de l'Europe, le clapping en fait partie. Il faut savoir le préserver ».

 

 

Le clapping n'est pas une fin en soi, mais bien une animation tribune qui se doit être spontanée et utilisée avec parcimonie. Arrêtons de faire tout et n'importe quoi lorsque nous trouvons un chant repris par le stade. Évitons de gâcher cette célébration qui pourrait devenir un évènement spectaculaire et marquant pour fêter la bonne performance de nos joueurs. Pour que le clapping reste extraordinaire, il faut qu'on le protège, au risque de voir la lassitude rapidement le ranger au placard.

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