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La défaite de trop

 
La défaite de trop

Ce samedi, le Racing Club de Lens a placé un pied et quelques orteils en Ligue 2. Cet énième contre-performance a été la goutte d'eau qui a fait déborder le case. Face à Evian, quelle ironie.

Je vois déjà nombre d'entre vous arriver en me qualifiant de "pseudo-supporter". Ce besoin de classification des supporters n'est l'œuvre que de ceux qui sont à la recherche de reconnaissance de la part de ses pairs. Au point même d'oublier qu'entre les "pseudo-supporters" et les "vrais supporters", nous sommes tous réunis sous un dénominateur commun : le supportérisme. Cette passion, plus ou moins développée chez chacun d'entre nous, peut et doit être vécue comme bon nous semble. Pas besoin d'être actif et hautement investi pour se revendiquer supporter de tel ou tel club.

 

Actif, je l'ai été durant de nombreuses années, bien plus que certains d'entre vous. Pourtant, je ne me considère comme un simple grain de sable dans cette masse énorme qu'est le supportérisme lensois. Professionnellement et personnellement, j'ai emprunté des chemins incompatibles avec mon ancienne vie de supporter lensois. En quittant la région, puis le pays, j'ai dû m'adapter pour continuer à vivre cette passion débordante. Les réseaux sociaux et la création de ce site m'ont permis d'assouvir mes besoins de supporter. Bollaert me manquait, mais je me levais sans aucune hésitation ni aucun regret, à 6h du matin pour suivre un match de mon Racing, même contre un vieux club de Ligue 2.

 

Depuis cinq années, notre passion est mise à mal. Il a fallu s'accrocher, plus que de normal, pour continuer à suivre et pousser notre Racing. Je ne compte plus le nombre de purges que je me suis infligé dans les stades ou à la télévision. Les mauvais choix et les mauvais résultats font partie intégrante de la vie d'un club. Cette année, comme beaucoup d'entre vous, je me suis désolidarisé de la direction, de ces têtes pensantes qui mènent le club à la ruine. Ces quelques personnes qui ont décidé de mettre de côté, puis de s'attaquer à la richesse du club : les supporters. Impensable il y a encore quelques mois, j'ai renié ceux qui souillent le club, mais qui le représentent également. Je n'arrive plus à supporter le Racing Club de Lens dans son intégralité.

 

La défaite face à Evian n'a fait que renforcer un processus mis en route il y a de nombreux mois. Je ne blâme pas les entraîneurs et les joueurs qui font avec les moyens du bord, mais la défaite d'hier est avant tout une défaite tactique et un manque d'envie. Ça arrive dans une saison, mais hier, nous n'avions pas le droit, pas dans ce contexte. Hier, je n'ai pas perdu trois points, j'ai perdu l'espoir de me maintenir en Ligue 1. J'ai perdu l'essence même qui alimente ma passion, celle qui me pousse à suivre ces joueurs. J'ai perdu l'envie d'y croire.

 

Je ne renie pas mon statut de supporter. Je ne renie pas la fierté d'appartenance à ce blason lensois. C'est juste une réaction naturelle : l'édification de défenses m'empêchant d'être déçu, une fois de plus. Pourtant, je sais que mon chemin de croix n'est pas terminé. Une victoire pourrait me faire penser que l'exploit reste possible, me faire croire une fois de plus que ce groupe n'a jamais été aussi fort que lorsqu'il est dos au mur. J'ai arrêté de regarder le match face à Evian après avoir encaissé le deuxième but. Je n'ai plus le courage ni l'envie de m'infliger ça. Quoiqu'il en soit, je sais surtout que c'est le côté administratif qui va décider du sort de mon club. Ce mur dans lequel nous nous dirigeons à toute vitesse est inévitable et va faire très mal, plus que nous l'imaginons. Malheureusement, je ne suis pas sûr d'avoir les défenses nécessaires pour affronter cette nouvelle épreuve sans souffrir à nouveau. Putain, que c'est dur de supporter le Racing Club de Lens.

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