TeamFoot offre une tribune d'expression aux passionnés

Fier, mais relégable

 
Fier, mais relégable

Depuis le début de saison, nous, supporters lensois, ne pouvons qu'éprouver de la fierté en voyant la prestation de nos petits jeunes. Mais le contexte sportif nous ramène rapidement à la réalité.

Un groupe de milieu de tableau de ligue 2

Heureux d'avoir trouvé le parfait pigeon en la personne d'Hafiz Mammadoz, nous pensions que les 5 années de galère étaient derrière nous une bonne fois pour toutes. C'était sans compter une énième situation rocambolesque, nous obligeant à nous dépatouiller avec les moyens du bord. Ainsi, l'effectif du RCL s'est retrouvé considérablement affaibli durant l'intersaison et en début de championnat. Pas moins de 11 joueurs faisant partie du groupe professionnel ont quitté le navire entre le mercato hivernal de la saison passée et aujourd’hui :

  • Alphonse Areola (gardien)
  • Rémy Bonne (défenseur)
  • Alaeddine Yahia (défenseur)
  • Alassane Touré (défenseur)
  • Marcel Tisserand (défenseur)
  • Nicolas Saint-Ruf (défenseur)
  • Pierre Ducasse (milieu)
  • Ange-Freddy Plumain (attaquant)
  • Jérémie Bela (attaquant)
  • Edgar Salli (attaquant)
  • Danijel Ljuboja (attaquant)

Au rayon des arrivées, durant ce même laps de temps, seul Alharbi El Jadeayoui a revêtu le maillot lensois (925 minutes de jeu - 2 buts, 0 passe décisive). Possédant un effectif digne de la ligue 2, ces départs nous obligent au miracle pour échapper à la relégation. Nous devons avoir l’un des effectifs les plus pauvres parmi les clubs professionnels en France. Notre groupe professionnel est composé de 23 joueurs. Et encore, nous avons dû aller en chercher quelques-uns en CFA pour faire le nombre.

 

Mi chui pov mais fier

À Lens, nous n'avons pas d'argent ni de communication, mais nous avons un centre de formation performant. Ce même centre de formation qui a certainement mené le Racing droit dans le mur à cause de son coût de construction (estimé à 14M €) et de maintenance (estimé à plusieurs millions par an).

Le Racing Club de Lens se voit obliger d'aligner chaque semaine un effectif digne des meilleures parties de Football Manager où l'entraineur se force à faire jouer des petits jeunes du cru. Après analyse des trois derniers matchs de Ligue 1, le constat est effrayant.
Ci-dessous, l'analyse du groupe lensois (titulaires + remplaçants) retenu pour les trois derniers matchs de Ligue 1 :

  • Âge moyen : 24 ans
  • Nombre de joueurs en dessous de 22 ans : 8
  • Nombre moyen de matchs pro en Ligue 1 ou Ligue 2 (hors saison en cours) : 69 (dont 4 joueurs à plus de 100 matchs)
  • Nombre de joueurs connaissant déjà la ligue 1 avant cette saison : 4

Autant l'avouer, cette saison s'annonce catastrophique à tous les niveaux, mais c'est certainement la plus excitante pour les supporters. Voir jouer des joueurs en couche-culotte venant du coeur même du Racing, quel pied !

 

Capable de résister aux plus gros...

La vraie surprise, celle d'où nous tirons cette fierté hors norme, c'est voir le Racing tenir la dragée haute à toutes les équipes de Ligue 1, même les plus grosses. Jamais le Racing n'a pris de fessée cette saison ! Jamais nous n'avons été ridicules face à des groupes ô combien mieux préparés que le nôtre. Ce Racing fait honneur au blason, il montre que ce sport doit se jouer avec le coeur. Qu'ensemble nous pouvons soulever des montagnes.

Supporter Lensois present a Saint Etienne
Supporters lensois présents à Saint-Etienne. Photo de Furiana.

Situation exceptionnelle, c'est la première fois depuis le titre de 98, que les joueurs rivalisent avec le public. Car jusqu'ici, la fierté se situait avant tout en tribune. Pas moins de 1000 supporters lensois se sont déplacés à Saint-Étienne un vendredi soir. Combien de clubs peuvent se vanter de voir ce soutien inconditionnel à l'extérieur, en étant avant-dernier ? Combien de clubs peuvent se vanter de voir des gamins se mettre minables chaque semaine, jouer avec un coeur plus gros que leur salaire ? Un seul. Nous sommes uniques.

 

...mais incapable de gagner

Malheureusement pour nous, le classement ne se fait pas au mérite, mais au cumul des points obtenus durant la saison. Pour le moment, ce cumul est loin d'être suffisant pour espérer réaliser l'exploit. Avec seulement 5 victoires en 22 journées, nous sommes les bons derniers de la classe. Face à Bastia, Reims et Saint-Etienne, Lens avait les armes pour remporter les 3 points de la victoire. Une victoire qui continue de nous échapper en 2015.

La force du groupe lensois est aussi sa faiblesse. Un groupe aussi jeune, capable d’être insouciant par moment, impossible à cerner et qui manque cruellement d’expérience. Face à Saint-Etienne, on se prend deux buts par manque de pressing, un autre parce que le ballon vient taper le dos du défenseur. Face à Bastia, on se prend un pénalty sur une faute totalement idiote. Avant ça, face à Lyon, on met un csc et donne un pénalty tout aussi stupide. Visiblement, le seul moment où Lens fait preuve de réalisme, c’est pour offrir des buts à nos adversaires.

 

L’état d’esprit irréprochable des joueurs et de l’encadrement sportif ne peut faire oublier l’état d’urgence quant à notre classement. Peu importe ce qui arrive, c’est notre classement qui va déterminer la division dans laquelle nous évoluerons la saison prochaine (en espérant que ce ne soit pas les soucis administratifs et financiers). Nous fonçons droit dans le mur, nous en avons pleinement conscience et pourtant, cette saison restera l’un de mes meilleurs souvenirs de supporter. Alors oui, je râle à chaque match parce qu’on accumule les erreurs, mais au fond je prends mon pied. Les gars sont présents et donnent tout. Les supporters sont présents et donnent tout. Cette saison, je vis ma passion à fond et c’est tout ce qui compte. Ne pas penser à ce qui vient ensuite pour savourer le moment présent.

TeamFoot est une plateforme d'expression libre destinée aux supporters. Le contenu des articles publiés sur le site ne reflète que la position de son auteur et non du site. Plus d'informations
 

Réagir