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Gervais Martel le conquérant

 
Gervais Martel le conquérant

S'il est un domaine que Gervais Martel a toujours su maîtriser, c'est bien l'art de la communication. Discret depuis plus d'un an, le président lensois est parti en reconquête des joueurs, du public et des médias. Zoom sur la stratégie mise en place.

À l'instar d'un politicien parti en campagne électorale, Gervais Martel avait du travail sur la planche pour regagner le cœur des partisans Sang & Or. Malgré la politique d'austérité mise en place par Luc Dayan et le Crédit Agricole, de nombreux supporters ont apprécié le travail effectué et le retour aux valeurs lensoises. Aucun problème pour Gervais Martel qui fait preuve d'une extrême habileté dans la communication média.

 

Silence radio

Alors que le nom du repreneur ne faisait plus aucun doute, Gervais Martel a décidé d'imposer un silence radio le plus longtemps possible. Aucune communication n'a été effectuée avant l'officialisation de la reprise par la DNCG. Il ne faut pas placer la charrue avant les bœufs, cependant, rien n'a été fait pour rassurer les supporters. Alors que nous nous situions en pleine période d'abonnements, aucune information concernant le nouvel entraîneur, les éventuelles recrues ainsi que les objectifs à court et moyen terme.

La seule fuite est provenue du site internet du RCLens, annonçant la venue de Kombouaré. L'article sera néanmoins rapidement retiré par le club, Dayan expliquant lui même que cette communication revient à Gervais Martel et non au Racing Club de Lens.

 

Une communication agressive

Bien que le travail effectué par l'ancien président et staff technique sera salué par Gervais Martel, ce dernier n'oubliera pas d'égratigner Gérard Lévêque. Sans que son nom soit cité, G.Lévêque en prendra pour son grade, notamment pour avoir choisi de fermer la tribune Trannin. Le président lensois utilisera des termes forts, tels que "idiotie" et confirmera qu'il "y avait qu'une personne que je ne voulais pas rencontrer au club". Pour revenir plus fort aux yeux des électeurs, les politiciens doivent critiquer le travail effectué par leurs prédécesseurs. Cependant, Gervais Martel aurait dû avoir le bon réflexe de retenir ces mots, lorsqu'on sait que la politique d'austérité a été mise en place à cause de son bilan.

Certes, les actions de monsieur Lévêque sont discutables à bien des niveaux, mais vu la situation dans laquelle le club se trouvait, il fallait bien des actions fortes pour espérer éviter le pire et faire comprendre aux supporters que nous nous situions dans une impasse. Si le prix à payer pour éviter la situation actuelle de Strasbourg, Sedan ou encore Le Mans était de fermer la tribune, nous nous en sortons bien.

 

Ce bon vieux Gervais

Gervais Martel c'est une personne proche des gens, un passionné du Racing Club de Lens et un nordiste pur souche. C'est quelqu'un qui connaît ce que signifie le sens du mot "travail" et qui a su se construire seul en lançant Le Galibot. Bref, c'est une institution du Nord-Pas-de-Calais.

Gervais Martel c'est également un personnage derrière les micros. Seul lui est capable, avec Louis Nicollin, de nous balancer au visage ce petit quelque chose qui permet de scotcher les lecteurs/auditeurs en nous renvoyant une image fortement sympathique. Ca première conférence de presse pour son retour ne déroge pas à la règle : Le best of des petites phrases de Gervais Martel en conférence de presse.

Petite mention spéciale à la pause clope en plein milieu de la conférence de presse, qui aura fait sourire tout le monde.

 

L'effet WOW!

Pour obtenir cet effet WOW!, Gervais Martel devait proposer des annonces importantes lors de sa première conférence de presse, quitte à la repousser si toutes les garanties n'étaient pas obtenues. En quelques heures, les supporters ont pu être rassasiés après une très longue période de disette. Landre (PSG), Salli (Monaco), Kantari (Brest), Ljuboja (Legia Varsovia), Chavarria (Anderlecht), Kombouaré et Aréola (PSG) sont venus grossir les rangs lensois.

Le deuxième effet Kiss Cool est intervenu après le match amical Lens - Marseille, avec le prix très agressif pour l'abonnement en Trannin. En tant que supporter, nous ne pouvons que saluer cette initiative, d'autant plus dans contexte économique délicat. Néanmoins, cela ne m'empêche pas de penser que notre président souhaite prouver à tout le monde que cette tribune peut être remplie et n'aurait pas dû être fermée (coucou Gérard Lévêque) et surtout, qu'il s'agit d'une ultime estocade pour convaincre les derniers réticents à son retour.

J'en profite au passage pour vous rediriger vers les prix d'abonnement à Angers, qui vont de 20 à 80€ selon le plan de réabonnement choisi, dans la tribune populaire. 60€ l'abonnement : du jamais à Lens, mais pas en Ligue 2.

 

Des amis et des promesses

Gervais Martel était proche du sans-faute pour son retour, mais il y a quelques couacs dans sa chorégraphie, notamment au niveau de l'organigramme. Martel le dit lui-même, il s'est "entouré de gens compétents". Il entame ainsi sa liste par le sportif, avec la présence de Jocelyn Blanchard "qui débute dans ce poste-là mais avec qui j'ai beaucoup d'amitié à travailler". Il continue avec Didier Roudet qu'il présente de la manière suivante : "vous le connaissez peu, c'est vraiment un compagnon exceptionnel avec qui j'ai la chance de travailler depuis plus de 10 ans qui travaille dans l'ombre et qui ne ménage pas ses heures". Nous voilà rassurés.

Derrière, Gervais Martel en profite pour rappeler aux journalistes que les "gens qui parlent" aux médias sont et seront Gervais Martel et Antoine Kombouaré. Le Racing Club de Lens doit certainement être le seul club au Monde à avoir deux directeurs de communication (Dominique Régia-Corte et Patrick Valcke) pour gérer la relation presse entre 2 personnes et les médias. Il confirme ainsi "qu'il n'y aura pas d'ambiguïtés" sans pour autant préciser à ce jour quel sera le rôle de chacun. Le retour de Patrick Valcke fait d'ailleurs quelques vagues sur le Net lensois : article de Planete-Lens.

 

Beaucoup de zones d'ombre

Les nombreuses promesses nous laisse espérer revoir rapidement le grand RCLens. Il subsiste cependant encore de nombreuses zones d'ombre que le principal intéressé ne semble pas vouloir évoquer pour le moment. Gervais Martel est donc le Président Directeur Général du RCLens et actionnaire minoritaire à 40%. Hafiz Mammadov est quant à lui actionnaire majoritaire à 60%. Nous ne connaissons pas aujourd'hui quelle vision H.Mammadov a du RCLens ni son investissement à court/moyen terme. A-t-il uniquement prêté de l'argent à Gervais Martel pour l'aider à reprendre le club ? Si oui, combien, sous quelle forme et avec quel intérêt ? Souhaite-t-il faire du RCL une place forte du football français ? A-t-il fixé des objectifs sportifs à Gervais Martel ?

Cette dernière question ne semble d'ailleurs aucunement inquiéter les supporters lensois. Le seul objectif avoué est la remontée du Racing en Ligue 1. Il faut aider le club à retrouver une place qu'il n'aurait jamais du quitter. Gervais Martel expliquant lui-même lors de la conférence de presse qu'une fois cet objectif atteint, il discutera des prochaines étapes avec Hafiz Mammadov. Naviguons à vue.

Nous savons toutefois que le président lensois souhaite s'appuyer sur ce formidable outil qu'est La Gaillette. Cependant nous n'avons aucune information sur le départ d'Alexandre Coeff. Ce dernier sort d'une saison pleine avec le club et portait le brassard de capitaine avec le maillot de l'équipe de France U20 au tournoi de Toulon. Les motifs ainsi que les indemnités de départ restent, à ce jour, inconnus au grand public. Il en a va de même pour les départs de Sow, Bergdich et Toudic.

Iconnus également les aspects financiers des nouvelles recrues lensoises. Aussi bizarre que cela puisse paraître, aucune information d'indemnité de transfert et de salaire n'a, pour le moment, était publiée dans les médias. Pire encore, nous ne connaissons pas officiellement la durée de contrat de Loïck Landre ainsi la présence ou non d'option d'achat dans les prêts d'Aréola et Salli.

 

 

Au risque d'aller à contre-courant, Gervais Martel ne m'a pas encore séduit par son discours. Une fois les effets d'annonce retombés, son plan de communication se révèle être un gruyère contenant trop de trous à combler. Qu'il se rassure, je ne demande qu'à être convaincu par les résultats sportifs du club et l'attitude affichée par les joueurs.
Même si j'ai peur de ne plus reconnaître l'équipe avec l'arrivée de nombreux joueurs en si peu de temps, j'ai envie d'espérer qu'il n'y aura aucune erreur de casting. Finalement, je vois Gervais Martel en tant que politicien. Peu importe les promesses et la communication qu'il peut mettre en place, il sera jugé sur les résultats. Ayant envie de revoir mon Racing briller, je ne peux que lui souhaiter d'y arriver.
 

Crédit photo en couverture

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